La Serbie attire depuis quelques années des expatriés européens, russes et turcs, séduits par une fiscalité légère, des démarches simplifiées et un coût de la vie encore contenu. Les procédures ont été réformées en 2023 et en 2024, avec un titre unique de séjour et de travail. La barrière de la langue et la lenteur de certaines administrations restent les principaux obstacles.
Les ressortissants français entrent sans visa et séjournent jusqu'à quatre-vingt-dix jours par période de cent quatre-vingts jours. Au-delà, un titre de séjour temporaire devient nécessaire. Sa durée maximale est passée d'un à trois ans en août 2023, et la résidence permanente s'obtient désormais après trois années de séjour continu au lieu de cinq. Les motifs admis comprennent l'emploi, les études, le regroupement familial, la propriété immobilière et l'activité indépendante.
Depuis février 2024, un document unique regroupe l'autorisation de séjour et le permis de travail. La demande se dépose en ligne sur le portail des étrangers et l'administration dispose de quinze jours pour statuer. Le titre prend la forme d'une carte biométrique.
La Serbie ne délivre pas de visa spécifique aux travailleurs à distance, mais le titre temporaire couvre cette situation lorsque l'employeur est établi à l'étranger. Beaucoup de nomades numériques créent une entreprise individuelle serbe, dont le régime forfaitaire allège fortement les obligations comptables. L'accès au marché du travail local suppose en revanche une autorisation distincte.
Une personne qui séjourne plus de cent quatre-vingt-trois jours en Serbie sur douze mois y devient résidente fiscale et y déclare ses revenus mondiaux. L'impôt sur le revenu repose sur des taux forfaitaires selon la nature des revenus, avec dix pour cent sur les salaires et des cotisations sociales élevées. Un impôt annuel complémentaire frappe les revenus dépassant plusieurs fois le salaire annuel moyen. Une convention bilatérale évite la double imposition avec la France.
L'ouverture d'un compte demande un passeport et un numéro d'identification fiscale attribué aux étrangers. Les principales banques appartiennent à des groupes italiens, autrichiens et hongrois, et les comptes en dinars et en euros coexistent. Le paiement par carte est répandu dans les villes, mais les espèces restent nécessaires sur les marchés et dans les campagnes.
La communauté française compte quelques milliers de personnes, concentrées à Belgrade autour de l'ambassade, des entreprises et de l'école française. L'Institut français de Serbie, présent à Belgrade et à Novi Sad, propose des cours et une programmation culturelle. L'apprentissage du serbe demande un effort réel, avec deux alphabets et une déclinaison à sept cas. L'anglais suffit dans le milieu professionnel urbain, beaucoup moins dans les administrations.