Hymne de la Serbie

L'hymne national serbe s'intitule « Bože pravde », ce qui signifie Dieu de justice. Jovan Đorđević en a écrit le texte et Davorin Jenko la musique. Composé en 1872 pour la scène, ce chant est devenu l'hymne de la principauté puis du royaume de Serbie, avant que la république contemporaine ne le reprenne à son compte.

Naissance sur une scène de théâtre

En 1872, le Théâtre national de Belgrade monte une pièce patriotique intitulée « Markova sablja », le sabre de Marko, pour célébrer la majorité du prince Milan Obrenović. Jovan Đorđević, directeur du théâtre et homme de lettres, en signe le texte. Davorin Jenko, compositeur d'origine slovène installé à Belgrade, écrit la musique du chant final. Le public retient ce chant bien plus que la pièce, et « Bože pravde » circule aussitôt dans tout le pays.

Auteurs du texte et de la musique

Jovan Đorđević, né en 1826 à Senta, a fondé le Théâtre national serbe de Novi Sad puis celui de Belgrade. Davorin Jenko, né en 1835 en Carniole, a travaillé plusieurs décennies pour les scènes serbes et a aussi composé la mélodie de « Naprej, zastava slave », ancien chant patriotique slovène. Sa musique a donc servi de part et d'autre de l'ancienne Yougoslavie.

Statut sous la monarchie

Le chant devient hymne officiel en 1882, quand Milan Obrenović prend le titre de roi, et Đorđević adapte alors ses vers à la nouvelle dignité royale. Les paroles nomment le souverain régnant, si bien qu'elles changent au fil des règnes, sous Alexandre Obrenović puis sous Pierre Ier Karađorđević. Entre les deux guerres mondiales, la première strophe forme la partie serbe de l'hymne composite du royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes, devenu royaume de Yougoslavie.

Retour comme hymne national

La Yougoslavie socialiste écarte « Bože pravde » au profit de « Hej, Sloveni ». L'Assemblée nationale de Serbie en recommande le retour en 2004, et la Constitution de 2006 en fait l'hymne officiel de la république. Les mentions du roi cèdent la place aux terres serbes, et l'invocation finale demande la protection divine sur le pays plutôt que sur le souverain.