La vie politique serbe s'organise depuis 2012 autour de la domination du Parti progressiste serbe, face à des oppositions nombreuses et divisées. Un mouvement de contestation né en novembre 2024 a modifié ce paysage et rendu la compétition électorale plus incertaine.
Le Parti progressiste serbe, ou SNS, est né en 2008 d'une scission du Parti radical serbe. Il gouverne sans interruption depuis 2012 et s'appuie sur un réseau dense d'élus locaux, sur un accès privilégié aux principales télévisions nationales et sur la popularité personnelle d'Aleksandar Vučić. Ses adversaires lui reprochent la confusion entre l'appareil d'État et la machine partisane.
Le Parti socialiste de Serbie, héritier de la formation de Slobodan Milošević et dirigé par Ivica Dačić, occupe la place de partenaire de gouvernement depuis 2012. Plusieurs partis de minorités nationales, dont l'Alliance des Hongrois de Voïvodine, complètent la majorité.
L'opposition se répartit entre un pôle libéral et écologiste favorable à l'intégration européenne, un pôle national conservateur incarné par la coalition NADA et des formations souverainistes plus récentes. Cette dispersion, ajoutée aux conditions inégales de campagne relevées par les observateurs, explique en partie sa difficulté à convertir le mécontentement en victoire électorale.
L'effondrement de l'auvent de la gare de Novi Sad, le 1er novembre 2024, a causé seize morts et déclenché une mobilisation étudiante d'une ampleur inédite depuis 2000. Les blocages d'universités et les rassemblements de plusieurs centaines de milliers de personnes ont porté des revendications de responsabilité judiciaire et d'élections anticipées. Une liste issue de ce mouvement figure depuis 2026 en tête de plusieurs enquêtes d'opinion.
Aux législatives du 17 décembre 2023, la liste conduite par le SNS a obtenu 129 sièges sur 250, devant la coalition Serbie contre la violence avec 65 sièges et les socialistes avec 18, pour une participation de 58,8 pour cent. Les élections locales organisées dans dix communes le 29 mars 2026 ont vu le parti au pouvoir conserver ses positions tout en reculant dans huit d'entre elles. Des législatives anticipées sont annoncées pour l'automne 2026.
Le rapport à l'Union européenne et à la Russie, le statut du Kosovo et la lutte contre la corruption structurent les débats davantage que l'opposition entre gauche et droite. Un écart générationnel et territorial se superpose à ces sujets, les grandes villes et les jeunes diplômés se montrant nettement plus critiques envers le pouvoir.