Libertés publiques en Serbie

La Constitution garantit la liberté d'expression, de réunion et d'association, et la Serbie applique la Convention européenne des droits de l'homme depuis 2004. Les organisations internationales de suivi constatent cependant une dégradation continue de l'exercice réel de ces droits.

Presse et pluralisme

Reporters sans frontières classe la Serbie au 104e rang sur 180 pays dans son index 2026, en recul de huit places sur un an et au dernier rang des Balkans occidentaux. Les chaînes à diffusion nationale et les quotidiens à fort tirage relaient très majoritairement la position du gouvernement, tandis que des rédactions critiques comme N1 et Nova S subissent des campagnes de dénigrement et des difficultés de diffusion. Le régulateur audiovisuel reste contesté pour son mode de désignation et son inaction.

Droits politiques et libertés civiles

Freedom House range le pays parmi les États partiellement libres avec un score de 53 sur 100 dans son rapport 2026, contre 56 un an plus tôt, en distinguant 18 points sur 40 pour les droits politiques et 35 sur 60 pour les libertés civiles. L'organisation attribue ce recul à la pression exercée sur les médias indépendants, l'opposition et les associations.

Société civile et manifestations

Le droit de manifester s'exerce largement depuis novembre 2024, avec des rassemblements réguliers dans des dizaines de villes. Plusieurs organisations de veille démocratique ont fait l'objet de perquisitions en février 2025 et un projet de loi sur les financements étrangers inquiète le secteur associatif. Des interventions policières violentes et des agressions contre des manifestants ont été documentées par le Conseil de l'Europe et le Parlement européen.

Minorités nationales

La loi reconnaît des conseils nationaux élus par les minorités, compétents en matière d'éducation, de culture, d'information et d'usage de la langue. Les Hongrois de Voïvodine, les Bosniaques du Sandžak et les Albanais de la vallée de Preševo disposent ainsi d'institutions propres. Les Roms restent la population la plus exposée à la pauvreté, aux discriminations dans le logement et aux difficultés d'accès aux documents d'identité.

Désinformation

Les tabloïds et plusieurs chaînes privées diffusent régulièrement des accusations non étayées contre des journalistes, des militants et des responsables de l'opposition. Les récits favorables à la Russie circulent largement dans l'espace numérique serbe, où les organisations de vérification signalent une faible régulation des contenus et une confiance dégradée envers l'information.