Géopolitique de la Serbie

La diplomatie serbe entretient des relations simultanées avec l'Union européenne, la Russie et la Chine. Cet équilibre lui procure des marges de manœuvre, mais il pèse sur sa candidature européenne.

Candidature à l'Union européenne

La Serbie détient le statut de candidat depuis mars 2012 et a ouvert ses négociations d'adhésion le 21 janvier 2014. Vingt-deux chapitres ont été ouverts et deux seulement, consacrés à la science et à l'éducation, ont été provisoirement clos. Le processus est à l'arrêt faute de progrès sur l'état de droit et sur la normalisation avec le Kosovo, et huit États membres se sont opposés en juillet 2026 à l'ouverture d'un nouveau groupe de chapitres.

Relations avec la Russie

Belgrade refuse depuis 2022 de s'aligner sur les sanctions européennes contre Moscou, tout en soutenant plusieurs résolutions des Nations unies condamnant l'invasion de l'Ukraine. Le gaz russe arrive par le gazoduc TurkStream, au titre de contrats de courte durée. La compagnie pétrolière NIS, contrôlée par Gazprom Neft, est visée par des sanctions américaines depuis octobre 2025, ce qui a menacé l'approvisionnement de l'unique raffinerie du pays à Pančevo.

Partenariat avec la Chine

La Chine finance des infrastructures routières et ferroviaires et détient des actifs industriels majeurs, dont l'aciérie de Smederevo et les mines de cuivre de Bor. Un accord de libre-échange signé en octobre 2023 est entré en vigueur le 1er juillet 2024.

Neutralité militaire

Une résolution parlementaire de 2007 proclame la neutralité militaire du pays, qui exclut l'adhésion à l'OTAN tout en maintenant sa participation au Partenariat pour la paix depuis 2006.

Voisinage régional

Les liens avec la Republika Srpska de Bosnie-Herzégovine restent étroits et alimentent des tensions avec Sarajevo. La Hongrie constitue le principal appui de Belgrade au sein de l'Union européenne.

Kosovo et dialogue de Bruxelles

Le Kosovo a proclamé son indépendance le 17 février 2008. La Serbie ne la reconnaît pas et traite ce territoire comme une province autonome, en s'appuyant sur sa Constitution et sur la résolution 1244 du Conseil de sécurité adoptée en 1999. La Cour internationale de justice a estimé le 22 juillet 2010 que cette déclaration ne violait pas le droit international. Les décomptes indépendants recensent environ cent dix reconnaissances parmi les 193 États membres des Nations unies, Pristina en revendiquant davantage et Belgrade en contestant plusieurs. Cinq pays de l'Union européenne s'y refusent et l'admission à l'ONU se heurte à la Russie et à la Chine. Le dialogue conduit par l'Union depuis 2011 a produit un premier accord en 2013, puis un texte de normalisation adopté à Bruxelles et à Ohrid en 2023 que la Serbie n'a pas signé. L'association des communes à majorité serbe prévue par ces textes n'a pas vu le jour.