La Serbie attire depuis vingt ans des capitaux étrangers grâce à une main d'oeuvre qualifiée et peu coûteuse, à une fiscalité légère et à une position de carrefour entre l'Union européenne et l'espace eurasiatique. Rapportés à la taille de son économie, les montants investis comptent parmi les plus élevés de la région.
Les entrées nettes d'investissements directs étrangers ont atteint 4,3 milliards d'euros en 2023 et 4,6 milliards en 2024, soit environ 5,6 % du produit intérieur brut. Le stock accumulé dépassait 38 milliards d'euros à la fin de 2023. Le premier semestre de 2026 a enregistré 1,2 milliard d'euros d'entrées brutes.
Les pays de l'Union européenne détiennent près de 58 % du stock avec en tête les Pays-Bas, l'Autriche et l'Allemagne, les deux premiers servant aussi de relais à des capitaux d'autres origines. La Chine représente environ 14 % du stock et la Russie près de 8 %.
Le stock d'investissements français atteignait 826 millions d'euros en 2024, en hausse de près de 90 % depuis 2020. Environ 82 filiales françaises emploient plus de 17 000 personnes, dans la distribution, les matériaux, les infrastructures et la pneumatique, l'usine Michelin de Pirot figurant parmi les tout premiers exportateurs du pays.
Les groupes chinois ont repris la sidérurgie de Smederevo et les mines de cuivre de Bor, puis ouvert une usine de pneumatiques à Zrenjanin, tout en finançant autoroutes et voies ferrées par des prêts. Les Emirats arabes unis se sont engagés dans l'immobilier, avec le quartier de Belgrade Waterfront, ainsi que dans l'agriculture et l'aéronautique, sous couvert d'un accord de partenariat économique global entré en vigueur en 2024.
L'industrie manufacturière concentre environ 30 % du stock investi, devant la construction et la finance. Les projets récents visent les composants automobiles, l'électronique, l'agroalimentaire, la logistique et les services informatiques.
Quinze zones franches réparties sur le territoire exonèrent les marchandises importées de droits de douane et de taxe sur la valeur ajoutée tant qu'elles ne sont pas mises à la consommation en Serbie. L'Etat accorde par ailleurs des subventions par emploi créé, sous condition d'un investissement d'au moins 500 000 euros et de cinquante embauches, et prévoit des exonérations d'impôt sur les sociétés pour les projets de grande taille.
La loi sur les investissements garantit le traitement national, la libre disposition des bénéfices et le rapatriement des capitaux. La détention étrangère peut atteindre la totalité du capital dans presque tous les secteurs. L'Agence de développement de la Serbie sert de point de contact aux porteurs de projets.