Emploi et travail en Serbie

Le marché du travail serbe s'est nettement redressé depuis la décennie 2010, quand le chômage dépassait 20 % de la population active. Les créations d'emplois dans l'industrie exportatrice, la construction et les services aux entreprises ont fait reculer ce taux jusqu'à environ 8 %, mais la participation reste faible et le départ des actifs qualifiés pèse désormais sur les recrutements.

Population active et chômage

Le taux d'emploi des personnes de quinze ans et plus s'établissait à 51,3 % au troisième trimestre de 2025, pour un chômage de 8,2 %, remonté à 8,9 % au premier trimestre de 2026. Le chômage des moins de vingt-cinq ans dépasse 20 %, et l'écart entre Belgrade, la Voïvodine et le sud du pays reste considérable.

Salaires et coût du travail

Le salaire net moyen approchait 1 040 euros par mois au début de 2026, pour un salaire brut voisin de 1 430 euros. Le salaire minimum a été porté autour de 550 euros mensuels en janvier 2026. L'employeur acquitte des cotisations représentant environ 15 % du salaire brut, le salarié environ 20 %, auxquels s'ajoute un impôt de 10 % après abattement.

Secteurs qui recrutent

Les besoins se concentrent dans les services informatiques, la mécanique et l'électronique, la construction, la logistique, l'hôtellerie et la santé. Les métiers techniques et les conducteurs manquent particulièrement, au point que plusieurs branches recourent à la main d'oeuvre étrangère.

Emigration des actifs

Des dizaines de milliers de Serbes quittent le pays chaque année, principalement vers l'Allemagne, l'Autriche et la Suisse. Le personnel médical, les ingénieurs et les ouvriers qualifiés forment le gros de ces départs, dont les transferts financiers représentent en retour près de 4,5 milliards d'euros par an.

Droit du travail

Le code du travail fixe la durée hebdomadaire à quarante heures et le congé annuel minimal à vingt jours ouvrables. Les contrats à durée déterminée ne peuvent en principe excéder vingt-quatre mois. Le licenciement obéit à une liste de motifs limitée, avec préavis et indemnité de départ liée à l'ancienneté. Les conventions collectives sectorielles couvrent une partie des salariés.

Travail des étrangers

Un permis unique de séjour et de travail est en vigueur depuis 2024. La demande se dépose en ligne sur le portail des étrangers et l'administration dispose de quinze jours pour statuer. L'employeur doit démontrer l'absence de candidat local disponible pour certaines catégories, tandis que les cadres détachés et les travailleurs hautement qualifiés bénéficient de procédures allégées.