La peinture serbe

La peinture serbe commence sur les murs des monastères, bien avant d'exister sous forme de tableaux. Après plusieurs siècles où l'icône reste la seule forme autorisée, l'art profane apparaît au dix-huitième siècle en Voïvodine, puis suit les grands mouvements européens. Les collections publiques de Belgrade et de Novi Sad permettent aujourd'hui de parcourir cette histoire en quelques salles.

Fresques médiévales

Les fresques des monastères serbes comptent parmi les sommets de la peinture byzantine. L'Ange blanc de Mileševa, peint vers 1235, et la Dormition de la Vierge de Sopoćani figurent dans tous les manuels d'histoire de l'art pour la souplesse de leur dessin et la clarté de leurs couleurs. Le monastère de Visoki Dečani conserve l'un des plus vastes programmes peints du monde orthodoxe, avec plus d'un millier de compositions.

Icônes et manuscrits enluminés

L'icône obéit à des règles fixes de composition et de couleur, transmises d'atelier en atelier. Les iconostases des églises serbes en rassemblent des séries entières. L'enluminure atteint son sommet avec l'Évangéliaire de Miroslav, copié vers 1180, inscrit au registre Mémoire du monde de l'UNESCO et conservé au Musée national de Serbie.

Peinture académique et portrait bourgeois

Le dix-neuvième siècle voit émerger une clientèle urbaine et une peinture de chevalet. Konstantin Danil et Đura Jakšić travaillent dans un registre romantique. Paja Jovanović et Uroš Predić, formés à Vienne, connaissent un large succès avec des scènes historiques et des tableaux de genre. Leurs grandes compositions ont façonné l'image que les Serbes se font de leur propre passé.

Modernisme serbe

Nadežda Petrović introduit vers 1900 une touche libre et des couleurs vives héritées de l'impressionnisme et du fauvisme. Sava Šumanović, formé à Paris, développe une peinture solide et lumineuse avant d'être fusillé en 1942. Milan Konjović, Petar Dobrović et Marko Čelebonović prolongent cette ouverture. Après 1945, le groupe Mediala, autour de Leonid Šejka et de Ljuba Popović, réagit au réalisme officiel par un imaginaire fantastique et une technique minutieuse.

Art contemporain et musées

Marina Abramović, née à Belgrade, a fait de la performance un art majeur et reste l'artiste serbe la plus connue dans le monde. Vladimir Veličković a mené une carrière parisienne remarquée. Les visiteurs trouvent l'essentiel au Musée national de Serbie, rouvert en 2018 après quinze ans de travaux, au Musée d'art contemporain de Belgrade et à la Galerie de Matica srpska à Novi Sad. La peinture naïve du village de Kovačica figure depuis 2024 au patrimoine immatériel de l'humanité.